Finies les vacances. Bientôt la rentrée.
Les choses se précipitent. A peine les bagages défaits, les souvenirs éparpillés aux quatres coins de l'appartement, il faut songer à la rentrée.
Tout juste le temps de quelques retrouvailles plus ou moins chaleureuses, de lutter contre le décalage horaire, de tenter de retrouver ses repères, d'envisager se reposer, souffler.
Le temps ne fait que fuir trop vite.
Trop vite pour moi.
La sensation de ne plus faire parti de ce monde. Être étrangère à ce qui faisait ma vie, mon identité. Comme si deux mois avaient suffit à me faire oublier qui j'étais. Ou plutôt, me réapprendre qui je suis. Mon coeur est resté là-bas. Tout comme mes soucis, mes peurs et mes craintes.
Je reviens plus légère que jamais.
Oui. Mais voilà. Dans moins de deux semaines, ce sera la désirée, redoutée rentrée.
Mes soucis, mes peurs et mes craintes me rattrapent. Révolu le temps de la frivolité et de l'insouciance. L'heure est au papier vierge des cahiers neufs, aux stylos achetés par paquets, au tri des affaires délaissées, aux crayons de primaire retrouvés, retour à des couleurs oubliées.
Entre l'euphorie rapportée et l'abattement recouvré.
Je sais plus. Heureusement que j'ai laissé mon coeur là-bas.
Le moins que je puisse dire, c'est que le Canada m'a changé. Le monde me parraît plus grand, et les chemins plus nombreux. Mais parfois le doute revient avec l'approche du 4 Septembre. La peur d'échouer, la pression insoutenable qu'ils me donnent sans s'en rendre compte, la peur de decevoir. La peur de les décevoir ...